| Le concept de base était conventionnel pour l'époque, monoplan à aile basse de type cantilever, moteur à l'avant et hélice tractive représentait alors le meilleur compromis pour un avion performant. L'aile basse permet, d'avoir un train d'atterrissage plus court et donc plus léger et donne une excellente visibilité en vol pour le pilote. Le cockpit était vaste et la verrière sans armatures, une innovation en 1938 ! Le moteur du prototype est le BMW139, un moteur en étoile de 18 cylindres (2 étoiles de 9) choisi d'une part pour sa robustesse et sa capacité à encaisser des dommages, et d'autre part parce qu'il devait développer 1550 CV ! c'est à dire plus que les meilleurs moteurs en lignes du moment ! K.Tank n'a jamais eu à regretter ce choix car la robustesse de ce type de moteur à fait ses preuves tout au long du conflit et bien des pilotes des 2 camps ont été ramenés par leurs avions à moteur en étoile avec un ou plusieurs cylindres hors d'usage. Les spécifications du RLM exigeait une simplicité de construction pour diminuer les coûts, une bonne accessibilité pour la maintenance, et la possibilité de produire l'appareil sous forme de sous ensemble par des sous-traitant. Le FW190 a été conçu par une équipe d'ingénieurs qui ont travaillés rapidement et en étroite collaboration sous la férule de Rudolf Blaser, responsable du projet. Un bon exemple de l'état d'esprit de l'équipe d'ingénieurs est le train d'atterrissage. Conçu pour résister à une vitesse verticale de 5 m/s à charge maximale au lieu des 2,5 m/s des spécifications. Seules quelques modifications mineures du train du 1er modèle de série ont été nécessaires lors des différentes évolutions du chasseurs au cours du conflit qui l'amenèrent de 3 à plus de 5 tonnes à pleine charge ! De manière générale, toutes les pièces structurelles étaient nettement plus solide que nécessaire. L'excellente manoeuvrabilité du chasseur était due en grande partie à ses gouvernes, bien dimensionnées et équilibrées statiquement et dynamiquement elles étaient commandées par des tiges rigides (au lieu de câbles) permettant une réponse immédiate et précise aux sollicitations du pilote. Les autres membres de l'équipe sont Ob.Ing Mittelhuber pour le controle, Ob.Ing Willy Käther pour le design, les pilotes d'essais Dipl.Ing Francke, Beauvais et Thoenes, le chef pilote Hans Sander. (Je n'ai pas encore retrouvé les noms de toute l'équipe). Le prototype volait correctement malgré les problèmes de surchauffe chroniques du moteur (le 1er vol eu lieu le 1er juin 1939 à Brême, aux commandes Hans Sander). Ces problèmes n'ont jamais pu être résolus sur les prototypes. Avant le premier vol du prototype, la firme BMW proposait un autre moteur qu'elle venait de développer; le BMW801. A la demande du RLM, ce dernier fut adapté sur le prototype V5, les 4 prototypes précédents étant trop avancés pour être modifiés. Les prototypes V1 et V2 étaient équipés du BMW139. Le V2 fut équipé de radio et d'armement qui amenèrent sa masse à 3125 kg. Ils avaient initialement tous 2 une imposante casserole d'hélice profilée dans le prolongement du capot et un ventilateur à 10 pales (le prototype V1 commença à voler sans son ventilateur) qui étaient sensés diminuer la traînée et assurer un meilleur refroidissement du moteur. Rapidement les prototypes ont été équipés de casseroles d'hélices et de capots à profil NACA conventionnel. En effet, avec la casserole profilée, le gain de traînée était négligeable et le moteur n'était pas mieux refroidit. Le moteur BMW139 fut ensuite rapidement abandonné, les problèmes de surchauffe étant insolubles. Les 2 prototypes suivants, le V3 et V4, ne volèrent jamais. Le V3 aurait dû être équipé d'un BMW801A qui tournait dans le sens horaire et le V4 d'un BMW801B qui tournait dans le sens anti-horaire. Aucun ne reçu son moteur, l'un servit de magasin de pièces détachés et l'autre servit aux essais statiques. Le prototype V5 fut profondément modifié pour recevoir le tout nouveau BMW801C-0 plus lourd, à cela se rajoutait les blindages et les équipements demandés par la Luftwaffe, toutes ces modifications augmentèrent le poids de l'appareil qui monte à 3400 Kg soit 25% de plus. Conséquence logique, la charge alaire passât de 186 à 227 Kg/m² et la manoeuvrabilité s'en ressentait fortement. La présérie des A-0 démarra en même temps que le V5. Celui ci fut d'ailleurs gravement endommagé lors d'une collision au sol avec un véhicule. C'est lors des réparations que les modifications des empennages arrière et des ailes furent effectués. L'envergure des ailes fut augmentée et la flèche de bord d'attaque diminuée gagnant ainsi plus de 22 % de surface portante, le V5 fut alors rebaptisé V5g (pour "grosser" qui veut dire plus grand), le V5g retrouvât alors la maniabilité des 2 premiers prototypes malgré son poids plus élevé. Les prototypes V1 à V6 furent tous fabriqués avec la "petite voilure" (surface alaire de 14,9m²), après tous les appareils furent équipés de la nouvelle aile du V5g de 18,3 m² de surface alaire.
Le BMW801 posa lui aussi des problèmes de refroidissement, mais ils furent rapidement ramené dans des limites plus acceptables. Ces problèmes ne furent cependant entièrement résolus qu'après de nombreuses modifications puis l'adoption du moteur BMW801-D2. En dehors de la surchauffe et des problèmes de lubrification des cylindres inférieurs de l'étoile arrière, les plus gros ennuis venaient du "Kommandogerät". Ce dispositif devait décharger le pilote des réglages de richesse, de pas d'hélice, pression d'admission etc. en bref, juste une manette de gaz et le dispositif s'occupait de tout, en théorie...! En pratique, ce dispositif était sensible et très délicat à régler. Un autre problème était le déclenchement intempestif du compresseur au alentour de 2600 m d'altitude et des variations brutales du pas de l'hélice emballant le moteur. La firme BMW fut mise en demeure par K.Tank lui-même (après un essai en vol tumultueux) de revoir son terrible dispositif. Lors de sa mise en service, le Fw190 montra le bien fondé des idées de K.Tank et surclassait tous les appareils en service en europe y compris le redoutable Spitfire MkV. Le FW190 grimpait mieux que son rival et entrait en virage plus vite que celui-ci ! et cette situation perdura environ 1 an jusqu'à la mise en service du Spitfire MkIX. Par la suite, les évolutions techniques successives ont permit au Fw190 de rester un adversaire de taille jusqu'à la fin du conflit avec les dernières versions D9 et au delà. |